Table ronde des Partenaires Techniques et Financiers – Secteur Agriculture et Élevage

« Des producteurs prospères pour une nation bien nourrie »

 

Centell, Antananarivo, le 26 janvier 2026,

Le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE) a organisé une Table ronde des Partenaires Techniques et Financiers du secteur agriculture et élevage, dans le cadre d’une cérémonie officielle, en présence de Monsieur RASATARIMANANA José Nirina, Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, et sous le leadership conjoint du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), représenté par Monsieur IOURI Garris, Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances, ainsi que des Représentants des Partenaires Techniques et Financiers.

 

             À cette occasion, une note stratégique de cadrage portant sur les orientations du plan sectoriel du Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage a été présentée. Cette note vise à renforcer la cohérence, la lisibilité et l’efficacité de l’action publique et des appuis des partenaires, dans une logique orientée vers les résultats, la création de valeur et l’amélioration durable des revenus des producteurs.

La note stratégique s’articule autour de quatre axes structurants :

  1. Le renforcement de la souveraineté et de la sécurité alimentaires, à travers l’augmentation durable des productions agricoles et animales ;
  2. Le développement de l’agro-industrialisation territoriale, intégrant agriculture et élevage, afin de créer davantage de valeur ajoutée dans les territoires ruraux ;
  3. La structuration des chaînes de valeur et des marchés agricoles et pastoraux, pour sécuriser les débouchés des producteurs et renforcer l’orientation vers le marché et l’agribusiness ;
  4. Le renforcement de la gouvernance sectorielle, incluant la sécurisation du foncier productif et le pilotage du secteur par les données.

 

À ce titre, Monsieur le Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, a rappelé que :

« Notre cap est simple et partagé : produire plus, produire mieux et produire durablement, tout en améliorant les revenus des producteurs et en orientant les productions vers le marché et l’agribusiness. »

Les échanges ont permis de partager des constats sectoriels communs, des analyses de performance des financements et une lecture consolidée des projets et programmes en cours, dans un contexte où l’agriculture et l’élevage demeurent des piliers de la souveraineté alimentaire, de l’emploi, de la cohésion sociale et de la relance économique de Madagascar.

Les discussions ont également mis en évidence les défis persistants du secteur, notamment le faible niveau de productivité, la vulnérabilité accrue aux chocs climatiques, la dispersion des interventions, la prépondérance des actions « soft » par rapport aux investissements structurants, les faibles taux de décaissement et les impacts encore insuffisants pour les ménages bénéficiaires.

Dans ce contexte, le Gouvernement, a réaffirmé son engagement dans une démarche de refondation du secteur, visant à renforcer la cohérence, l’efficacité et l’impact des interventions publiques et des financements extérieurs.

Le cap stratégique partagé est clair : produire plus, produire mieux et produire durablement, tout en améliorant les revenus des producteurs et en orientant les productions vers le marché et l’agribusiness, afin de privilégier la création de valeur, la sécurisation des débouchés et le renforcement de la compétitivité des filières agricoles et pastorales.

La Table ronde a insisté sur la nécessité de concentrer les efforts, d’aligner les interventions et de renforcer l’articulation entre politiques publiques, investissements privés et appui des partenaires techniques et financiers, afin de maximiser l’impact des financements.

Au cœur de cette refondation, le Gouvernement place les producteurs, en particulier les femmes, les jeunes, les petits producteurs agricoles et éleveurs, ainsi que les Très Petites, Petites et Moyennes Entreprises (PTME) rurales. Leur accès à l’accompagnement de proximité, aux intrants de qualité, à l’entrepreneuriat et aux marchés constitue une priorité stratégique.

La bonne gestion des ressources naturelles de production a été réaffirmée comme un principe fondamental de la refondation du secteur, face à l’urgence du changement climatique, afin de garantir la durabilité des systèmes de production, la résilience des acteurs ruraux et la sécurisation des investissements.

Orientations issues de la Table ronde

Trois niveaux d’orientation complémentaires ont pu être dégagés à l’issue de cette rencontre.

Sur le plan stratégique, les échanges ont souligné la nécessité d’aligner les financements extérieurs avec les priorités de l’État, d’impliquer davantage la partie nationale dans la planification et la conception des projets, de prioriser les investissements structurants, de renforcer la sécurisation du foncier agricole et de promouvoir l’agribusiness afin de stimuler l’économie rurale. L’accent a également été mis sur la consolidation du rôle de l’État dans le pilotage des projets ainsi que sur la mobilisation des ressources internes et externes.

Au niveau de la programmation, l’importance a été accordée à l’ancrage des projets dans les priorités sectorielles, à la distinction entre interventions économiques et sociales, à l’intégration des dimensions foncières, nutritionnelles et environnementales, à l’augmentation des ressources allouées à l’élevage, ainsi qu’à l’amélioration du ciblage des bénéficiaires afin d’assurer efficacité, équité et durabilité.

Sur le plan opérationnel, les orientations ont porté sur la simplification et la rationalisation des procédures de mise en œuvre, de passation des marchés et de gestion des sauvegardes environnementales et sociales. Il a été recommandé de mettre en place des mécanismes de financement d’urgence pour les projets, de renforcer la coordination entre unités de gestion et bailleurs, de développer les capacités des équipes techniques nationales et de créer un dispositif national de capitalisation et de gestion des connaissances afin de pérenniser les acquis.

Les échanges ont également rappelé l’alignement des interventions du secteur agricole avec les agendas internationaux, notamment l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda 2063 de l’Union africaine, ainsi qu’avec les axes stratégiques du PGE-R du MINAE, centrés sur la mise en place d’agropoles, la souveraineté alimentaire, l’agro-industrialisation, le développement des chaînes de valeur et la sécurisation du foncier productif.

Dans son intervention, le Secrétaire Général du Ministère de l’Économie et des Finances a rappelé que « chaque dollar investi doit produire un impact tangible » et que « le processus de refondation permettra de créer un cadre commun de référence, mobilisant efficacement les ressources internes et externes ».

Au terme de la rencontre, le Gouvernement a réaffirmé ses engagements à piloter la politique nationale de développement, à mettre à disposition les politiques sectorielles, à améliorer la coordination entre bailleurs et à respecter les engagements conventionnels et présidentiels. Cette Table ronde des bailleurs marque ainsi une étape déterminante vers une transformation structurelle et durable du secteur agricole, au service du développement économique, social et territorial de Madagascar.